Le Journal International de Médecine vient de publier un article intéressant sur le lien entre flavonoïdes dont la copie est ci-dessous avec le Copyright © http://www.jim.fr

  • Les fruits et légumes contiennent des flavonoïdes, pour lesquels une association négative avec la maladie d’Alzheimer déjà été suggérée. Par ailleurs, la consommation de certains aliments riches en ces composés, comme les baies (fruits), le raisin, le chocolat s’est accompagnée dans des études expérimentales ou prospectives, d’une amélioration des fonctions cognitives ou d’une baisse de risque de démences.
  • Dans cette étude prospective aux USA (Framingham Heart Study Offspring Cohort), les chercheurs ont examiné les effets des différentes catégories de flavonoïdes sur la maladie d’Alzheimer et les démences apparentées. Au total, 2 801 participants (âge moyen 59 ans, 52 % de femmes), initialement indemnes de maladie d’Alzheimer ont été suivis sur près de 20 ans. Leur consommation alimentaire a été régulièrement relevée pendant cette période ; 193 cas de démences dont 158 maladies d’Alzheimer se sont déclarées.
  • Après ajustements multiples (démographiques, consommation énergétique, apoE4, IMC, tabagisme, hypercholestérolémie, diabète, HTA, variables nutritionnelles), les consommations les plus élevées des catégories de flavonoïdes (> 60e percentile), comparées aux consommations les plus basses (≤ 15e percentile), sont apparues associées à une réduction de l’incidence de l’ensemble de ces démences :
    • Pour les anthocyanines (myrtilles, fraises et baies en général, raisin noir, fruits de couleur rouge), de 76 % (Hazard Ratio HR 0,24 ; intervalle de confiance à 95 % IC 95% 0,15- 0,39) ; P < 0,001) ;
    • Pour les flavonols (pommes et poires, oignons, thé, fruits et légumes en général …), de 44 % (HR 0,54 ; IC95% 0,32- 0,90; P = 0,003) ;
    • Pour les polymères de flavonoïdes (thé, pommes, fraises, vin…), de 42 % (HR 0,58 ; IC95% 0,35- 0,94; P = 0,03).
    • D’autres baisses non significatives ont été observées pour d’autres catégories de flavonoïdes.
    • Concernant la maladie d’Alzheimer plus particulièrement, des protections analogues ont été observées pour les anthocyanines et les flavonols.

Miser sur les fruits rouges

  • Concrètement, concernant les anthocyanines, la valeur au 15e percentile était de 4 mg/j, et au 60e percentile, de 14,2 mg/j. On trouve par exemple 12 mg/100 g d’anthocyanines dans la peau des pommes rouges, 245 mg/100 g dans le cassis, 440 mg/100 g dans les myrtilles, 122 mg/100 g dans les cerises, 120 mg/100 g dans le raisin noir et 27 mg/100 g dans le raisin rouge, 92 mg/100 g dans les framboises, 21 mg/100 g dans les fraises, 15 mg/100 g dans les nectarines, 14 mg/100 g dans les aubergines.
  • Pour les flavonols, la valeur au 15e percentile était de 6,4 mg/j, et au 60e percentile, de 16,4 mg/j. On trouve environ 4 mg/100 g de flavonols dans les pommes et les poires avec la peau, et 0 à 0,5 mg/100 g quand elles sont épluchées ; 20 à 30 mg/100 g dans les oignons ; 4 mg/100 g de thé infusé.
  • On remarquera que les auteurs ont construit- à posteriori- des classes de consommations « atypiques », en raison de la non-linéarité des effets des flavonoïdes sur l’incidence des démences, dans cette population. Ceci signifierait que les très faibles consommateurs de ces substances, comparés à une consommation au-dessus de la moyenne, sont particulièrement à risque, ou inversement qu’une prise au-dessus de la moyenne apporterait une forte protection. Ce point mériterait d’être confirmé par d’autres études.
  • Les flavonoïdes agiraient par effet neuroprotecteur et anti-inflammatoire, et anti-apoptotique ; une amélioration de la circulation cérébrale a aussi été rapportée.
  • En parallèle, citons aussi, parmi les publications récentes, une étude en imagerie par résonance magnétique de ces mêmes auteurs, montrant un lien inverse entre le volume des hypersignaux de la substance blanche (positivement liée au vieillissement du cerveau) et la consommation de flavonoïdes totaux ; et une autre portant sur la consommation de flavonols, associée à une baisse de risque similaire de maladie d’Alzheimer.
  • Finalement, ces données plaident encore pour un effet marqué des fruits et légumes sur la cognition et la prévention des démences, et particulièrement des baies, comme le suggéraient déjà d’autres recherches.

Auteure : Dr Viviane de La Guéronnière


Références

Shishtar E et coll. : Long-term dietary flavonoid intake and risk of Alzheimer disease and related dementias in the Framingham Offspring Cohort. Am J Clin Nutr, 2020, publication avancée en ligne, doi : 10.1093/ajcn/nqaa079/5823790.

Shishtar E et coll.: Flavonoid Intake and MRI Markers of Brain Health in the Framingham Offspring Cohort. J Nutr, 2020, publication avancée en ligne, doi:10.1093/jn/nxaa068/5811502.


Kalt W et coll. : Recent Research on the Health Benefits of Blueberries and Their Anthocyanins. Adv Nutr, 2020, publication avancée en ligne, doi : 10.1093/advances/nmz065.

Holland T et coll. : Dietary Flavonols and Risk of Alzheimer Dementia. Neurology. 2020 ; 94(16):e1749-e1756. doi: 10.1212/WNL.0000000000008981.